Syphiss
Le blog qui partage (pas) sa syphilis
Vers un échec prononcé de la Wii U ?
Nintendo en parle depuis plusieurs années maintenant, et après avoir fait monter la pression, il est temps de sortir le produit de son écrin. Je fais bien sûr allusion à la Wii U. La prochaine console de Nintendo. Une console dont, jusqu’à présent, on ne sait pas grande chose.
La Wii U est un cas d’école du mystère commercial. Pas de forme définissable, une utilité pas encore prouvée, des caractéristiques pour le moins vagues et surtout un nom de console qui résonne déjà comme une banale Wii+. Décidément non, la Wii U ne part pas du bon pied.
Mais à côté de ces mystères, on connait l’intention de Nintendo avec cette console : briser le carcan console-écran-manette qui existe depuis toujours. C’est dans cette optique que le contrôleur de la Wii U a été créé. Etre plus qu’une simple manette. Devenir un nouveau support qui servira, certes à jouer, mais aussi à surfer, communiquer, etc.
Nintendo a tout fait pour rassurer les joueurs – comprendre les joueurs non casual. Support d’une résolution 1080p, multi-coeurs IBM. Elle est censée être techniquement plus puissante que la XBox 360 et la PS3. Okay. Mais Nintendo a oublié le principal avec sa console : son horrible système de validation de jeux. Le célèbre Seal of Approval Nintendo. Celui qui freine les développeurs. Il faut savoir que l’une des raisons de l’absence de jeux sur 3DS vient du fait que Nintendo tarde à fournir des kits de développement, des notices et autres éléments essentiels pour une équipe de développeurs. Et ce même 1 an après la sortie de la console. Dans un monde où un jeune curieux peut développer un jeu à succès dans son garage pour moins de 1500€, cette méthode releve de l’archaïsme.
Plus que la console, ses spécifités techniques, ses promesses, c’est l’éco-systeme Nintendo qui doit être revu. La Wii U n’a pour le moment aucun atout de séduction envers le public casual et les familles qui ont fait le succès de la Wii. La Wii avait le mérite d’innover, de proposer une nouvelle approche du jeu vidéo. La Wii U on ne sait pas trop. Ce n’est pas le public qui fuit, ce sont les éditeurs qui vont là où c’est rentable. Alors que le marché des jeux consoles est fermé et maintenu par les grands éditeurs, il reste tout un monde à conquérir : celui du mobile. Et si on échoue sur le mobile, on s’en remet très vite. D’ailleurs beaucoup de petits développeurs sur mobiles le font comme hobby.
Avec son écran tactile de 6,2 pouces – pour comparaison celui de l’iPad fait 9,7 pouces – le contrôleur de la Wii U peut posséder l’interaction la plus complète qu’on puisse avoir avec une console. Imaginez aller chez un ami, ne prendre que votre contrôleur Wii U et jouer chez lui en retrouvant votre profil de joueur. Éventuellement toutes vos sauvegardes. Rien que cette interaction pourrait me faire sérieusement réfléchir à l’achat de la console.
Mais récemment, le point le plus intriguant c’est la possible intégration de magazines que l’on pourrait lire sur l’écran du contrôleur. Comme sur une tablette. On choisit un magazine, on l’achète et on peut ensuite le consulter n’importe où. Sur l’écran de la télé, dans son lit, en transport, etc. (Du StreetPass avec ce contrôleur ?)
Sauf que Nintendo ne semble pas prendre les devants. Ce sont les éditeurs qui vont voir la firme japonaise et qui proposent. C’est le monde à l’envers ! Nintendo traverse l’une des pires périodes de son histoire : une période où elle ne parvient plus à séduire et où tout son succès est du à ses vieux produits. Elle a connu ça avec la GameCube, elle s’en souvient encore. Je suppose qu’elle ne veut plus jamais revivre cette période, pourtant elle fonce dedans tête baissée.
Aujourd’hui plus que jamais, Nintendo a besoin de s’imposer. La Wii U pourrait être un produit excellent, mais rien ne semble être fait pour la mettre en avant. Ce ne sont pas les éditeurs qui doivent aller voir Nintendo pour mettre leurs magazines en ligne sur la Wii U, c’est Nintendo qui doit aller leur proposer des partenariats bétons pour le lancement de la console. Actuellement, le lancement de la Wii U se présente comme n’importe quel lancement d’une console Nintendo : une console, une offre, un catalogue de jeux (extrêmement) réduit. Veuillez attendre 6 à 18 mois pour de la variété, merci d’avance, cordialement Nintendo.
Nintendo n’a toujours pas passé le cap du dématérialisé, on le voit avec son pauvre catalogue sur la Wii et la 3DS. Et ça peut lui coûter cher.
On pourrait se retrouver avec l’intégrale des magazines Nintendo sur la tablette de la Wii U, mais quelle en serait l’utilité ? À moins de miser le succès de sa console du futur sur des jeux virtuels du passé. Les seuls qui aujourd’hui parviennent encore à séduire les fans de la Super Nintendo et de la 64. D’ailleurs ce nouveau contrôleur pourrait parfaitement être mis à profit pour l’intégralité du catalogue de jeux Nintendo. Les jeux des consoles de salon sur la télé, les jeux des Gameboy sur la tablette.
Mais contrairement au lancement de la GameCube, Nintendo dispose d’un avantage avec la Wii U. La puissance, supposée, de la console peut attirer le public des joueurs tandis que le système repris de la Wii peut attirer le public casual. Du moins ceux qui ne seront pas rebutés par le look de cette nouvelle manette.
Nintendo a toutes les cartes en main, mais au lieu d’attaquer elle continue de passer la main. Et quand elle rentrera dans la partie, ce sera déjà trop tard.